Octobre se termine

Octobre se termine

Ce soir, c’est Halloween, la quête des bonbons et tralala. On va rester au chaud et au sec dans le nid. Octobre se termine avec une alerte orage, pluie et inondation de par chez nous. Le chat est furieux de ne pouvoir mettre son museau dehors…

Le téléphone sonne. Une voix d’homme : « The-a-ry Plong ? ». Qui peut bien être ? Une voix que je ne reconnais pas. En début de semaine vers 21h, j’ai déjà eu droit à une voix d’homme, qui se faisait suave :

– « Allô ? Je voulais savoir ce que tu regardais ce soir. »

– « Vous êtes qui ? »

-« Bah Jacques »

Sur le coup, j’ai cru que c’était le Jacques avec qui j’ai fait une exposition de peinture il y a quelques années.

-« Jacques, comment ? »

-« Jacques D….. »

Il était un peu perplexe et contrarié de ne pas trouver la bonne personne au bout du fil. Il n’a qu’à pas se tromper de numéro !

Mais ce soir, l’homme en question n’est autre que mon professeur de français d’il y a trente ans, à qui j’ai fait parvenir une lettre de remerciement avant-hier. Pendant des années, j’étais à sa recherche et c’est grâce à l’aide de ma copine depuis le collège, Céline, qui a demandé l’aide d’une ancienne professeure, qui à son tour a demandé l’aide d’une collègue, que j’ai eu ses coordonnées.

Il a été mon professeur principal et de français pendant trois ans. Je n’abordais jamais les professeurs en dehors des cours. Il y a une barrière mentale avec ces personnes d’autorité. Mais ces derniers temps, j’avais trop envie de recontacter ce professeur, qui avait une place particulière dans mon coeur. L’envie était là depuis des années. Toutefois, je n’avais pas l’énergie de soutenir les questions qu’il allait me poser : « Que devenez-vous ? ». Lui répondre quoi ? – « Rien ». J’avais peur de le décevoir…

Aujourd’hui, je n’ai aucun problème à dire que je ne suis rien et on a pu passer un délicieux moment au téléphone. Il habite toujours dans la ville, où se trouve également ma famille. On aura l’occasion de se revoir.

– « Je ne suis pas sûr que vous me reconnaîtriez ! J’ai les cheveux tout blancs maintenant. »

– « Vos cheveux étaient déjà tout blancs à l’époque ! »

Merci pour ce bonheur.

 

Pluie automnale

Pluie automnale

Les yeux des enfants perçoivent tant de poésie…

« Il pleut ! Le soleil a oublié de se lever. », dit un garçon de six ans. En moins de deux, mon égo s’est emparé de la situation et a sorti l’explication scientifique, rompant ainsi tout le charme de l’innocence

Vers trois-quatre ans, j’adorais courir seule après les nuages sur des vallons et des dunes de terre fraîchement travaillée. Sans doute, mes parents étaient occupés à la tâche non loin de là. Mais, je ne parviens pas à me souvenir d’eux. Je me souviens en revanche parfaitement de cette sensation de liberté dans ma course.

Dire que ces vallons et ces dunes serviront peu après de charniers, vers la fin de la guerre… Dans l’un d’eux se trouvent peut-être les restes de mon père.

Longtemps, j’ai cherché à retrouver les images de mon père dans ma tête. Je sais qu’il a été très présent. Toutefois, ma mémoire refuse de livrer quoi que ce soit. La seule image que j’ai conservée de lui fut son arrestation par les Khmers Rouges. Il s’est laissé capturer sous mes yeux, lui le résistant dès les premières heures, sans opposer aucune force. Il s’en est allé flanqué par ses bourreaux, le sourire aux lèvres. Je l’ai haï jusqu’à récemment encore. Si seulement, il m’avait dit quelque chose, du genre : « Au revoir ma fille ! », j’aurais pu comprendre et réagir pour qu’il ne soit pas emmené… mordre les méchants, jeter des cailloux, hurler, insulter, cracher, taper… tout mais pas le laisser partir sans aucune réaction. Je ne savais pas ce qui se passait sur le moment,. Je ne savais pas que je ne le reverrai jamais… Il n’avait même pas vingt-cinq ans.

Depuis peu, j’ai compris quel homme éveillé il était. Il est parti libre, avec le sourire comme pour dire « Vois ma fille ! Tout cela n’a aucune importance ! Même mourir. »

Voilà pourquoi toute la famille a été si émue par l’un de mes premiers tableaux « le bonze », dont le traits ressemblent étrangement à ceux de mon père, alors que je peignais un personnage, sans support,  sans visage précis, laissant simplement libre cours au pinceau…

Aujourd’hui peut-être…

Aujourd’hui peut-être…

Ca y est ! La Belle Cristalline reçoit son dernier coup de pinceau. Cela fait une dizaine de jours qu’elle attend de voir le jour complètement… Il y a eu des jours avec et des jours sans. Il faut prendre ce qui se présente… La maladie comme la santé… l’envie comme la paresse… l’énergie comme la mollesse… Tout ceci est la vie. Rien ne sert de lutter contre elle. Au contraire, il vaut mieux se laisser transporter par ses courants pour le plus grand bonheur…

En eaux troubles

En eaux troubles

Nenuphar_PoissonsLa joie de vivre peut se trouver partout, même en eaux troubles. Les poissons nagent à droite, à gauche, tout droit, en diagonale, en zigzag… tels un corps de ballet infatigable. Tout est paisible. La petite voix dit : « Tu n’as rien de mieux à faire qu’à regarder des poissons idiots ? » « Qu’y-a-t-il de mieux que de savourer la vie ?!! Laisse-moi regarder tranquillement les poissons ! ». Bien sûr, la petite voix déteste ne pas être écoutée…

Aujourd’hui, il y a eu la visite de contrôle des yeux. Tout va bien. Plus de trace d’infection. La pression oculaire s’est stabilisée à en dessous de 20. Pour l’instant, la membrane protectrice de la cornée ne s’est pas encore refermée. C’est ce qui est la source des douleurs au quotidien. On continue à tester la vitamine A.

Finalement, j’ai bien fait de ne pas avoir accepté la chirurgie lourde préconisée en février qui ne visait que la baisse de la pression oculaire. Le diagnostic était trop précipité. Preuve en est maintenant que la pression seule n’est pas responsable de toutes les douleurs.

La peinture attendra jusqu’à demain. Entre la fatigue du voyage et la manipulation des yeux par l’ophtalmologiste, le corps réclame du repos…

 

 

Avant la rentrée

Avant la rentrée

Demain, certains vont reprendre le chemin de l’école, d’autres le travail. En ce qui me concerne, c’est ni l’un ni l’autre. Avec un travail en indépendance, je n’ai pas vraiment de vacances. Il est des gens pour dire que je ne travaille pas, car je suis très souvent chez moi et disponible pour les sorties d’école, dépanner un ordinateur, faire visiter la maison d’un voisin, récupérer un colis, garder un chien… On admet que je suis une femme au foyer… Tout me va. Pas de souci. Je ne recherche aucune étiquette, aucun prestige.

En ce premier dimanche de septembre, me voilà en tête à tête  avec ENOLA. J’avoue avoir du mal à me remettre à peindre. Le mental tourne à 200 à l’heure. Comme je suis en train d’expérimenter une autre approche technique, il me rabâche le doute à toutes les sauces… Non ! Il ne gagnera pas. Trois minutes d’attention portée sur la respiration et le mental est coupé dans son délire. Bien sûr, il reviendra. En attendant, je peux avancer sereinement.

 

Adieu camping-car !

Adieu camping-car !

Ca y est ! La vente est signée aujourd’hui. L’ami qui possédait le camping-car, dont j’ai eu l’immense plaisir à décorer, le cède avec des larmes aux yeux. Dans sa nouvelle maison en Auvergne, il n’y a pas de place pour abriter le véhicule. Les occasions manquent aussi pour le faire rouler. Au final, c’est beaucoup de frais pour pas grand-chose. D’où la décision de le vendre…

Est-ce que l’acquéreur conservera la décoration ? Je l’ignore.

Ca fait un pincement au coeur. Mais ça fait partie de la vie.

Bonne route à toi, camping-car « Le secret des cimes » !

Bonjour juillet

Bonjour juillet

Voilà le mois qui sent bon les vacances ! Le soleil est de la partie. C’est juste parfait. Hormis les moustiques ! Il y a moins d’un mois, je me suis fait piquer dans la nuit par un moustique aux alentours de l’oeil droit. Le lendemain, j’avais mon rendez-vous de contrôle avec l’ophtalmologiste, pris trois mois auparavant.

L’assistante de l’ophtalmologiste voulait que je m’installe derrière la machine qui mesure la pression. J’ai enlevé mes lunettes de soleil. Et là, elle dit : « Ah ! Bah, non ! On ne prendra rien ! ». L’oeil droit avait doublé de volume à cause du moustique… Cornée infectée… Antibiotique et tralala… Finalement, il n’y a pas eu de complication après une dizaine de jours de traitement. Mais, les gouttes antibiotique, ça arrache !!!

Avant cette mésaventure avec le moustique, je ne mettais plus aucune goutte dans l’oeil droit, sauf de la pommade de vitamine A. Début mars, j’étais tellement mal que j’ai arrêté de mon propre chef les gouttes oculaires et je vivais chaque jour beaucoup mieux. Bien sûr, il y a eu des moments de douleurs intenses. Mais ils étaient beaucoup moins nombreux qu’auparavant. L’ophtalmologiste a accepté facilement ce changement de traitement : « Finalement, moins on met de chose sur votre oeil, mieux il se porte ! »

A côté de ça, je pratique aussi souvent que possible de la relaxation, la méditation et l’auto-hypnose.

Je continue à peindre. Mais là aussi, j’y ai mis de l’ordre. Je ne propose plus mes créations à la vente pour me libérer des préoccupations pécuniaires. C’est comme un retour aux sources : je peins, parce que j’aime peindre. Vendre, c’est beaucoup de tracas pour pas grand-chose : entre les frais de la plateforme de vente, les frais bancaires, les frais postaux et les cotisations sociales, ça ne fait pas bézef dans la poche ! Le pompon, c’est quand même de payer des cotisations sociales, sans pouvoir bénéficier de la Sécurité Sociale, car le montant minimum de recettes n’est pas atteint, alors qu’il faille payer dès le premier euro de vente. « Pourquoi tu t’es déclarée ? », me demande un voisin. « Parce que c’est la loi. Dès le premier euro reçu, il faut se déclarer à la Maison des Artistes. » Et il éclate de rires.

Oui, c’est une bonne farce tout ça. Il est temps d’arrêter les frais !

ATC – ACEO

ATC – ACEO

Elfie_en_coursUne petite envie de réaliser des cartes d’artiste passe par là… Elles sont connues sous les abréviations ATC (Artist Trading Card) quand elles s’échangent ou ACEO (Art Card, Editions & Originals) quand elles se proposent à la vente. Ce sont des pièces uniques, faites à la main, sur n’importe quel support, du moment qu’elles respectent le format 64×89 mm.

C’est tout petit comme format. Aïe, je n’ai pas les outils adéquats… Mes plus fins pinceaux ne sont pas assez fins pour les détails. Rien ne m’oblige à travailler la peinture… On verra pour les prochaines. La petite elfe se continue à l’acrylique sur du papier épais. Ca change de la toile !

Qui vivra, verra…

Qui vivra, verra…

GAURAMerci la vie de m’accorder cette journée merveilleuse ! Quelqu’un de l’extérieur pourrait ne pas saisir en quoi elle est merveilleuse : pas de gain à la loterie, pas de vente mirobolante de tableaux… En somme, rien d’extraordinaire qui mérite de l’enthousiasme. Oui ! Pas évident à saisir… Elle est merveilleuse, car pas une once de douleur à l’oeil droit ! Ce qui me permet de peindre… Youpi !!! D’accord ! J’ai la joie facile. Il faut dire que je reviens de loin…

La consultation du 24 janvier ne s’est pas passée comme prévue au CHU de Montpellier. Sur la convocation, il était indiqué une consultation à 9h00, suivi d’un examen anesthésiste à 11h00. Jusqu’à la veille, je ne voulais pas y aller. L’idée du laser m’était insupportable. « Vas-y quand même, ma petite ! Ecoute ce que le professeur a à te dire. De toute façon, il ne va rien te faire demain. Il va juste te présenter l’opération du laser. »

Au réveil, l’oeil droit était rouge. Il se maintenait péniblement ouvert.

Au lieu d’une parlote, l’oeil droit subit toute une batterie d’examens sans ménagement… Qui dit CHU, dit étudiants… « Madame, gardez votre oeil ouvert ! Vous compliquez l’examen, qui n’est pas douloureux ! ». Sur un oeil sain, sans doute ne l’est-il pas. Mais avec une pression à 34 ce matin-là, le moindre souffle est une torture… Pour finir, après quatre heures de mains en mains, échographie… Avec des écarteurs de paupières, à vif. J’ai bondi en pleurs hors de la table d’examen à la pose de l’engin barbare. Je n’ai pas vu à quoi il ressemble, mais il fait affreusement mal. On aurait dit que l’oeil se faisait ouvrir avec un scalpel. « Soyez courageuse, madame ! ».

Le professeur, je l’ai eu en face de moi quelques minutes à la fin des examens, le temps de m’expliquer que le laser ou l’ultra-son ne donneront pas de résultat. Il faut envisager une chirurgie, sans trop de détail… L’infirmière me fixe une date d’opération au plus tôt le 13/02. La matinée se termine à 13h30, par une anesthésiste d’une humanité à faire pleurer. Enfin, quelqu’un qui me considère comme une personne à part entière. Je n’ai cessé de lui dire merci. Elle avait une façon douce de poser des questions. Elle a du vécu. Elle me comprenait. « J’ai été endormie une fois pour être opérée de l’appendicite. Mais il s’est avéré que ce n’était pas de l’appendicite. Alors, j’ai dû être de nouveau hospitalisée… En tout, j’ai eu trois hospitalisations dans ma vie… Sinon, j’ai eu des pertes de connaissance quand je me suis fracturé le crâne et autre bras cassé. C’était pendant la guerre. Pas d’hôpital. Ce sont les cataplasmes d’un guérisseur et autres techniques de ce style qui ont aidé à la cicatrisation. » L’année de mon opération d’appendicite, elle y était justement dans le pays, à la sortie de la guerre… A la fin de la consultation, elle me dit : « C’est loin le 13/02. Le professeur vous a donné de quoi calmer les douleurs d’ici-là ? » « Non ! » « Je vais lui faire un message pour qu’il vous libère une place plus tôt. Vous ne pouvez pas rester comme ça ! »

Dans les heures qui ont suivi, de la tête aux pieds, le corps exprime le traumatisme subi. Pas beau à voir du tout…

Finalement, j’ai renoncé à l’opération, pas dans ces conditions, en tout cas. Ce n’est pas une chirurgie anodine. Elle présente des douleurs post-opératoires et nécessite un suivi très régulier sur une certaine période. J’ai envie d’une équipe compétente, compréhensive, disponible… Le rythme effréné à l’hôpital ne permet pas d’être aux petits soins pour chaque patient. C’est un constat. Mais la vitesse et la précipitation peuvent aussi conduire à des ratés. J’ai encore en tête l’aventure arrivée à Roger cet automne. Lui et sa femme, Margaret, sont venus passer des vacances dans la région. Il est tombé à Arles : une jambe cassée. Il se fait réparer à l’hôpital de Nîmes. Au bout de deux semaines, Margaret m’apprend avec excitation que Roger sort de l’hôpital pour aller en rééducation. Mais au lieu de la rééducation, on lui annonce une complication, qui nécessite une amputation… Il a été rapatrié dare-dare en Angleterre pour l’amputation.

Pour l’instant, je prends le temps de souffler, laisser le corps se remettre de ces émotions. Dolorès revient régulièrement pour une visite. Mais ayant connu des douleurs plus fortes qu’elle, je parviens à mieux accepter sa compagnie. Et si jamais, je suis à bout, l’ophtalmologiste m’a indiqué un chirurgien qui pratique dans une autre ambiance que celle de l’hôpital.